13 avril 2007

Pablo Neruda

"Je veux faire de toi ce que fait le printemps avec les cerisiers."Poème XIV in, "Vingt poèmes d'amour"
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13 avril 2007

Christiane Singer

Je me suis demandé quelle est cette force indécelable à l’œil et qui tient ensemble notre vie qui, d'une multitude atomisée d'instants, parvient à faire une unité. De quelle nature est-il cet invi­sible mortier ? Je crois le savoir désormais… c'est la nuit, la face cachée aux regards. Tout ce qui a constitué nos vies et continue de le faire, les formes et les contours du monde mani­festé, les espérances, les attentes, les séparations et les jubilations, tout trouve sa... [Lire la suite]
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12 avril 2007

Gérard Klein

     Je m'en irai demain et vous n'en saurez rien. Je ne vous ai rien dit mais ma tristesse passée et l'ombre de mes yeux dut vous faire pressentir ce destin. Je m'en vais sans remords, mais non pas sans regret, emportant avec moi le détail de vos traits, le son de votre voix et mille gestes épars qui me firent vous aimer. Tout cela, je le sais, le temps l'emportera, l'espace le dissoudra. Je partirai demain dans un grand navire qui franchira l'espace. Ne craignez point pour moi l'ennui d'une longue croisière,... [Lire la suite]
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12 avril 2007

Botho Strauss

C'est aux laminés, aux illuminés, aux illu­sionnés, aux éliminés, aux fantasques et aux dérangés de l'opinion, aux ensorcelés de l'idée, aux possédés du préjugé, aux croyants impies, aux anachroniques, aux abusés et aux bara­gouineurs sans maîtrise mâchant la grosse perle noire, c'est à eux, qui ont eu la grâce de l'erreur, qu'allaient ma compréhension meur­trie, mon emphase fraternelle. Personne ne sait à quelle vérité ils ont touché pour en parler avec une telle confusion ! Eux que n'a pas lâchés l'Un... [Lire la suite]
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11 avril 2007

Julien Gracq

C'est la lenteur de l'art d'écrire, dans son exécution mécanique, qui depuis des années déjà me rebute parfois et me décourage : le temps perdu pour un écrivain à jeter les mots sur la page, comme pour le musicien les notes sur la portée. Un travail de transcripteur et de copiste, par inter­valles dégrisants comme un jet d'eau froide, s'interpose entre l'agitation chaleureuse de l'esprit et la fixation maté­rielle de l'oeuvre. Ce que j'envie aux peintres et aux sculp­teurs, ce qui rend (du moins je l'imagine tel) leur travail si... [Lire la suite]
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10 avril 2007

Jean Genet

S'il avait à faire un présent à quelqu'un qu'il estime ou qu'il aime, peut-être lui enverrait-il, certain de l'honorer, ramassés chez le menuisier, un copeau bouclé ou un morceau d'écorce de bouleau.In, "L'atelier d'Alberto Giacometti" Photo ? La main de GiacomettiVoir à catégorie"prison" le poème du Condamné à mort
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09 avril 2007

Nicolas de Staël

A sa soeur.Pourtant, seul comme cela, on a des loisirs superbes pour réfléchir à des tas de choses, seulement c'est l'axe qui est le plus important, la volonté, l'architecture. Il faut que tout cela monte bien, simple, coordonné, Dieu que c'est difficile la vie ! Il faut jouer toutes les notes, les jouer bien, ne pas croire à l'âme, à l'inspiration, oublier les études secondaires, détruire les encyclopédies et faire des gestes simples, bons. In, "Lettres"
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09 avril 2007

Nicolas de Staël

A Jean AdrianPour moi l'instinct est de perfection inconsciente et mes tableaux vivent d'imperfection consciente. Je n'ai confiance en moi que parce que je n'ai confiance en personne d'autre et je ne puis en tout cas pas savoir moi-même ce qu'un tableau est ou n'est pas et fabriquer de nouvelles constantes avant de peindre.Il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience. In, "Lettres"Peinture "La route"
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09 avril 2007

Nicolas de Staël

A son père...Et si je vous disais que dans mon esprit être artiste ce n'est pas compter, mais vivre comme l'arbre sans presser sa sève, attendre l'été, que l'été vient, mais qu'il faut avoir de la patience, de la patience, vous ne partageriez pas ma pensée et vous auriez raison.Vous auriez deux fois raison parce que tout en me disant chaque jour qu'il faut mûrir, être patient, qu'il faut laisser ma vie intérieure se développer naturellement, mes dessins sont hâtifs, impatients, souvent désespérés. J'ai peut-être deux fois... [Lire la suite]
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07 avril 2007

Gaston Bachelard

Les mots - je l'imagine souvent - sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de­chaussée, toujours prêt au commerce extérieur, de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur. Monter l'es­calier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abs­traire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est cher­cher dans les mots des trésors introuvables. Monter et descendre, dans les mêmes mots, c'est la vie du poète. ... [Lire la suite]
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