Voyage dans les mots

Textes, poèmes et phrases que j'aime.

21 avril 2008

Claude Adelen

camille_claudel2


A celles qui sont dans les musées

Les verticaux en foule vont et viennent
autour des taciturnes,
sur la dalle pâle traîne
leur ombre bavarde, paroles

Qui sonnent creux sont les corps
quand on toque à leurs dos de bronze,
à leurs torses comme à des portes. Demeures
closes ces bouches où démarre un cri

A jamais inentendu, ces têtes,
citernes vides qu'emplit
l'immatérielle pluie intérieure,
un oeil hurle

Ou la main du désespéré,
le ventre est une phrase étrange,
le sexe ne parle aucune langue.


In, « Aller où rien ne parle »

Camille Claudel, "La valse"


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21 mars 2008

Claude Adelen

Maillol___la_nuit_1909_2

Dans le bronze ou le plomb
ces formes lisses de fesses,
cuisses et seins,
et l'asile obscur des bras
où parfois rêve un visage

Qui n'est visage de personne,
ou tête pensive dans la paume,
la Méditerranée et la Nuit.
Oublieuses, nues dans le sommeil noir des mots,
cette couleur étrangère
qu'ont les yeux fermés, cette couleur d'oubli

Qui coule de l'été dans les plis secrets
du coude et de l'aine,
dans l'entrejambe et l'absence de sexe,
là où rien ne parle, la source,
la bouche d’énigmes.

In, « Les petites Maillol »
Photo insecula : Sculpture Aristide Maillol, « La Nuit » 1909

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05 mars 2007

Adélen

Les petites Maillol

Dans les labyrinthes frais et verts
on voit les petites Maillol, fluviatiles,
océanes, antiques, l'Eté, Flore et Pomone
nues, ou drapées bien en chair, les fruits

Désirables qu'elles portent ! Autre chose
que de la couleur, la forme des saisons,
autre chose que des mots. Simplement un désir

De mots. Comme si son ventre, seins et bras
et offrande de pomme ou d'orange
étaient matière de souffle et fougue du jour d'été
qui ébouriffe et irise les jets d'eau.

Dans le bronze ou le plomb
ces formes lisses de fesses,
cuisses et seins,
et l'asile obscur des bras
où parfois rêve un visage

Qui n'est visage de personne,
ou tête pensive dans la paume,
la Méditerranée et la Nuit. Oublieuses,
nues dans le sommeil noir des mots,
cette couleur étrangère
qu'ont les yeux fermés, cette couleur d'oubli

Qui coule de l'été dans les plis secrets
du coude et de l'aine,
dans l'entrejambe et l'absence de sexe,
là où rien ne parle, la source,
la bouche d'énigmes.

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