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Sur la plage, l'être humain est ramené à l'état, je ne dirais pas de nature, mais de zoo. On y constate comme l'élément mâle de notre espèce est joueur châteaux de sable, beach-volley, aventureuse plongée avec tuba parallèlement au bord, et comme l'élément femelle est sérieux : allongé, calme, il surveille ; éventuellement, il rassure le petit et donne des ordres à l'adulte mâle. La plage le confirme, la femme est une lionne et l'homme un singe.


Quand il ne joue pas, l'homme reste hébété, assis dans le sable, les bras pendants ; il n'abandonne cet état simiesque que pour se planter les mollets dans l'eau, croiser les bras, et, l'air d'un conquérant, observer la foule d'un regard sévère. Il fait des observations scientifiques. Ainsi, qu'une forte chaleur inculquée à l'être humain par la plante des pieds se transforme immédiatement en un tressautement des épaules. Pendant ce temps, les femmes lisent. Elles essaient de comprendre comment les hommes peuvent mener la vie avec tant de maladresse.


Quelles pensées ont-elles lorsque, assises, elles font le geste mystérieux de se caresser lentement l'intérieur du bras, la tête penchée en col de cygne ?

 

In « Encyclopédie capricieuse du tout et du rien »

Photo : Aldo Maccione dans « L’aventure c’est l’aventure »