ombre_coeur



Voici le dernier texte avant mon départ pour Naples et la côte amalfitaine

Je serai absente du 18 septembre au 1er octobre.

Merci de votre fidélité.

Amicalement,

Océania


J'ai vécu de peu de choses comme de ces quelques ruelles vides et béantes en plein midi qui s'ensauvageaient sans bruit dans un par­fum de sève et de bête libre, leurs maisons évacuées comme un raz de marée sous l'écume des feuilles.

Pareilles à ce panache de l'explo­sion d'une poudrière qui dégonfle une ville, de grandes masses de verdure orageuse roulaient un ciel sombre au-dessus des toits crevés. L'après-midi me retrouve devant un haut mur de parc aveugle, ten­dant l'oreille, comme on surprend un bruissement de feuilles der­rière une porte.

A l'air libre, trempé soudain de soleil tournoyant comme par une fanfare, mes pieds amoureusement ravivant la pente secrète d'une colline longue comme une joue, je redescendais chaque soir aux champs calmes, les mains pleines comme celui qui touche une femme, appuyant le front encore, les yeux fermés, ainsi que le coeur manque et qu'on marche en dormant, au songe odorant et au vide sous le soleil de ce village accoudé à la forêt comme un après- midi d'été au balcon de sa nuit sauvage.

 

In « Réalités secrètes »

Photo Océania