14 mars 2007

Pascal Quignard

Elle n'était sous le regard de rien et de personne. Némie était silencieuse, sévère. Plus impudique que sensuelle. Elle avait le vin silencieux, qui n'enhardissait que le geste. L'amour ouvrait soudain l'incommunicable comme une clé. De même les livres quand ils sont beaux font tomber non seulement les défenses de l'âme mais toutes les fortifications de la pensée qui se voit prise de court soudain.De même les grandes peintures qu'on fixe sur les murs, quand elles sont admirables, ouvrent le mur plus que ne sauraient le faire une... [Lire la suite]
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14 mars 2007

Pascal Quignard

La danse est un art, bien sûr. J'en parle souvent, très souvent, quoi que vous disiez, sous la forme du corps humain tournant la tête, tombant les bras levés, versant en arrière.Pour moi, c'est un art plus fascinant qu'un autre parce que c'est un art en amont de l'art. L'homme s'est dressé. C'est ce qui le définit comme homme. Il marche sur deux jambes - mais il ne marche pas nativement ainsi, il marche toujours en vacillant ainsi. Il avance en tombant en avant. Si vieux qu'il soit il trébuche encore.La danse c'est se lever... [Lire la suite]
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14 mars 2007

Pascal Quignard

Eprouver en pensant ce qui cherche à se dire avant même de connaître, c'est sans doute cela, le mouvement d'écrire. D'une part écrire avec ce mot qui se tient à jamais sur le bout de la langue, de l'autre avec l'ensemble du langage qui fuit sous les doigts.Ce qu'on appelle brûler, à l'aube de découvrir.Je brûle ! Je brûle ! Rallumer à l'intensité de ce qui commence tout ce qui succède.in, "Ombres errantes"
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