04 janvier 2008

Marcel Moreau

Le corps, le vieillissement, la source Quand on sait ce qu'un corps, fût-il jeune, représente de petites misères en constante évolution, on ne devrait rien avoir de plus pressé que d'utiliser la perfection des lois qui le conduisent au vieillissement et à la mort à des fins qui en désordonnent le cours. Ce tas de mous san­guinolents obéit certes à un plan d'une précision absolue, dont la Nature fut l'ingénieur absolument génial. Ne faudrait-il pas penser que c'est de cette mollesse, cette flacidité que nous tirons... [Lire la suite]
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23 avril 2007

Marcel Moreau

Nous savons comment et pourquoi notre corps est organisé pour la vie. C'est sa part mécanique-saignante. Mais nous sommes encore bien loin de savoir pourquoi et comment ce corps, s'oubliant comme mécanique, développe en nous, instinctivement, les formes de vie complexes et imprévisibles, auxquelles il nous suffirait de donner la parole pour voir notre histoire abyssale recouvrir notre histoire raisonnable. Tout est fait pour réduire au silence notre sous-sol identitaire, pour nous fermer l'accès à cette immensité-là. Dans... [Lire la suite]
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29 mars 2007

Marcel Moreau

Il ne se passe guère de jour sans que je m'étonne de voir les mots si prompts à faire en sorte que la vie ordinaire vire à l'extraordinaire. Ici frissonne plus que jamais le mot « fruition » (XVè-XVIè s. Action de jouir, jouissance). Le Dictionnaire d'ancien français (Larousse) cite Rabelais : « Compaignies et fruitions de telles insignes ames. » À une terrasse sévillane dominant le Guadalquivir, j'ai vu couler la fruition de toutes les écritures et femmes extatiques que ce livre ne dit pas. On devrait imposer un devoir de... [Lire la suite]
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20 mars 2007

Marcel Moreau

Lettre à un jeune corps mal dans sa peauIl paraît que tu ne vas pas très bien.Tu ne t'entends pas au mieux avec la Raison, ta proche lointaine. Elle s'absente quand tu fais des bêtises, elle surgit quand les bêtises sont faites. Tu te demandes à quoi elle sert. Quand elle te raisonne, il est trop tard. Ta raison ne veut ni ton bonheur ni ton malheur, sache-le. Son souci, c'est de domestiquer tes excès. Mais comme c'est une petite raison, elle y renonce très vite. C'est trop de fatigue pour elle, si fragile. Et puis, soyons clairs :... [Lire la suite]
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13 mars 2007

Marcel Moreau

"... Il se fait tard, et, dans mon coin, je m'abandonne à la tristesse du non-amour. Comment faire danser le non-amour ? Comment le transpercer d'un mot, ou de plusieurs mots, détachés du livre extravagant des profondeurs de l'être, et s'enivrant, dans l'homme malheureux, d'une danse plus importante qu'une perte d'amour ? Cela existe-t-il ? J'attends que cela existe, comme si c'était la première fois que cela devait exister. J'éprouve soudain envers mon corps, un misérable soupçon. Il bande dans le vide, sans un mot.... [Lire la suite]
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