25 novembre 2008
Nicolas Bouvier

Pour Didier
La dernière douane
Depuis que le silence
n'est plus le père de la
musique
depuis que la parole a fini d'avouer
qu'elle ne nous conduit qu'au silence
les gouttières pleurent
il fait noir et il pleut
Dans l'oubli des noms et des souvenirs
il reste quelque chose à dire
entre cette pluie et
Celle qu'on attend
entre le sarcasme et le testament
entre les trois coups de
l'horloge
et les deux battements du sang
Mais par où commencer
depuis que le midi du pré
refuse de dire pourquoi
nous ne comprenons la simplicité
que quand le coeur se brise
In "Le dehors et le dedans"
Photo Google
12 septembre 2008
Nicolas Bouvier
Love Song III
Quand tisonner les mots pour un peu de couleur
ne sera plus ton affaire
Quand le rouge du sorbier et la cambrure des filles
ne te feront plus regretter ta jeunesse
Quand un nouveau visage tout écorné d’absence
ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
Quand le froid aura pris congé du froid
Et l’oubli dit adieu à l’oubli
Quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx
Ce jour-là
Quelqu’un t’attendra au bord du chemin
Pour te dire que c’était bien ainsi
Que tu devais terminer ton voyage
démuni
tout à fait démuni
Alors peut-être….
Mais que la neige tombée cette nuit
soit aussi comme un doigt sur ta bouche
In "Le dehors et le dedans"
19 mars 2007
Nicolas Bouvier

On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme ou d'anecdotes, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme les serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels....
Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ?
In, « L'usage du monde »
Photo Roger F.

