07 avril 2008

Gaston Bachelard (Flamme)

La contemplation de la flamme pérennise une rêverie première. Elle nous détache du monde et elle agrandit le monde du rêveur. La flamme est à elle seule une grande présence, mais, près d'elle, on va rêver loin, trop loin : « On se perd en rêveries. » La flamme est là, menue et chétive, luttant pour maintenir son être, et le rêveur s'en va rêver ailleurs, perdant son propre être, en rêvant grand, trop grand — en rêvant au monde. La flamme est un monde pour l'homme seul. Alors, si le rêveur de flamme parle à la... [Lire la suite]
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22 octobre 2007

Gaston Bachelard ( table d'existence)

III Et comme ce serait bon — généreux aussi à l'égard de soi-même — de tout recommencer, de commencer à vivre en écrivant ! Naître dans l'écriture, par l'écriture, grand idéal des grandes veillées solitaires ! Mais, pour écrire en la solitude de son être, comme si on avait la révélation d'une page blanche de la vie, il faudrait des aventures de conscience, des aventures de solitude. Mais, à elle seule, la conscience peut-elle faire varier sa solitude ? Oui, comment connaître, en restant seul, des aventures de conscience?... [Lire la suite]
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21 octobre 2007

Gaston Bachelard (solitude)

La solitude du rêveur de chandelle  Jean Cassou rêvait toujours d'aborder le grand poète Milosz avec cette question digne d'être posée à une majesté : « Comment se porte Votre Solitude ? »Cette question a mille réponses. En quel centre de l'âme, en quel coin du coeur, en quel détour de l'esprit, un grand solitaire est-il seul, bien seul ? Seul ? Enfermé ou consolé ? En quel refuge, dans quelle cellule, le poète est-il vraiment un solitaire ? Et quand tout change aussi selon l'humeur du ciel et la... [Lire la suite]
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24 mai 2007

Gaston Bachelard

A notre avis, les voies du progrès intime sont les voies de la logique et des lois générales. Les grands souvenirs d'une âme, ceux qui donnent à une âme son sens et sa profondeur, on s'aperçoit un jour qu'ils sont en train de devenir rationnels. On ne peut pleurer longtemps qu'un être qu'il est rationnel de pleurer. C'est alors la raison stoïcienne qui console le coeur sans lui demander l'oubli. Dans l'amour même, le singulier est toujours petit, il reste anormal et isolé : il ne peut prendre place dans le rythme régu­lier qui... [Lire la suite]
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07 avril 2007

Gaston Bachelard

Les mots - je l'imagine souvent - sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de­chaussée, toujours prêt au commerce extérieur, de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur. Monter l'es­calier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abs­traire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est cher­cher dans les mots des trésors introuvables. Monter et descendre, dans les mêmes mots, c'est la vie du poète. ... [Lire la suite]
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