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On a souvent écrit que la composition de la musique et que l'attrait qu'elle exerce reposaient pour une part sur la quête sans terme au fond de soi d'une voix perdue, d'une tonalité perdue, d'une tonique perdue. On en a parfois déduit que le goût qui portait vers la musique instru­mentale — c'est-à-dire vers la musique où la mélodie pouvait enfin franchir les limites de la voix personnelle — conciliait cette perte de la voix et cet écrin étrangement formé où son fan­tôme instrumental, cordé, pouvait se déployer, la héler, la recevoir sans fin et sans véritable pré­sence dans l'apparence approximative d'un corps humain. La famille des violons, comme celle des violes, ce sont des familles de corps humains en bois creux.

 

In « La leçon de musique »

Viole de gambe 7 cordes

Luthier Alain Granieri