coeur_de_pierre



- Les « quatre voeux bouddhiques », que je me suis en effet souvent récités au cours de ma vie, j'hésite à les redire en ce moment devant vous, parce qu'un voeu est une prière, et plus secret encore qu'une prière. (Les gens qui vous avisent de « faire un voeu », en mangeant les premières fraises de l'année ou en regardant la nouvelle lune, vous disent sagement de le taire.)
Mais en simplifiant, il s'agit :

de lutter contre ses mauvais penchants ;

de s'adonner jusqu'au bout à l'étude ;

de se perfectionner dans la mesure du possible ;

et enfin, « si nombreuses que soient les créatures errantes dans l'étendue des trois mondes », c'est-à-dire dans l'univers, « de travailler à les sauver ».

De la conscience morale à la connaissance intellectuelle, de l'amélioration de soi à l'amour des autres et à la compassion envers eux, tout est là, il me semble, dans ce texte vieux de quelque vingt-six siècles.

 

- Et les avez-vous mis en pratique, ces voeux ?

 

- Une fois sur mille. Mais c'est déjà quelque chose que d'y penser.

 

In « Les yeux ouverts » entretiens avec Matthieu Galey

Photo Océania