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Le portrait chasse le nu, le nu le portrait. Peindre un tableau, faire un dessin qui soient à la fois un portrait et une étude de nu, n'aura été, aux temps où l'on s'at­tachait à l'un et à l'autre, qu'une entreprise bizarre, inusuelle, plutôt d'ailleurs une extension du portrait. Et cela parce que le corps n'est pas un aspect de la per­sonne, il est trop au-delà de l'emprise des mots, dont la réalité personnelle est le produit, au contraire. La per­sonne ne peut se retrouver en continuité intime, pro­fonde, avec son corps qu'en faisant en soi le silence ; et alors elle présenterait à son peintre un visage aux yeux clos, aux traits qui s'effacent dans le même absolu qui ourle l'arbre ou la pierre.

In « Remarques sur le dessin »

Dessin Gustav Klimt, Exposition au musée Maillol, Paris