plus_seul_ds_langage_2



Oui, à entendre, oui, à faire mienne

Cette source, le cri de joie, qui bouillonnante
Surgit d'entre les pierres de la vie

Tôt, et si fort, puis faiblit et s'aveugle.

Mais écrire n'est pas avoir, ce n'est pas être,
Car le tressaillement de la joie n'y est
Qu'une ombre, serait-elle la plus claire,
Dans des mots qui encore se souviennent

De tant et tant de choses que le temps
A durement labourées de ses griffes,

- Et je ne puis donc faire que te dire

Ce que je ne suis pas, sauf en désir.

Une façon de prendre, qui serait

De cesser d'être soi dans l'acte de prendre,
Une façon de dire, qui ferait

Qu'on ne serait plus seul dans le langage.

In « Ce qui fut sans lumière »
Pastel Océania