rameau_divin



Il m'enseigna l'écoute.

Il m'apprit le secret des mots.
Il répétait souvent : « Qu'est-ce qu'un mot si ce n'est une histoire d'amour ? »

Il avait toute une théorie sur l'amour que les voyelles portent aux consonnes.
« Les lettres s'enlacent, disait-il, s'enlacent et s'embrassent, s'embrasent et s'unissent. »
Il disait aussi : « Fais éclater le présent, découvre le miracle de l'aube fracturant la noirceur de la nuit, fais danser les lettres et les voyelles amoureuses. Fais chanter les mots pour qu'ils deviennent des oiseaux. »

Jamais il ne me dit qu'il était poète. Il se voulait simple­ment homme.
La poésie faisait partie de sa façon de penser l'humain.
« Être soi, c'est se dépasser », aimait-il aussi à répéter quand il se levait pour prendre congé.


Quand je parlais de lui, je l'appelais « mon maître », mais jamais en sa présence. J'espérais dans un orgueil secret qu'il m'avait donné le titre de disciple et que c'était sous ce vocable qu'il pensait ou parlait de moi. Je ne le saurai jamais...

En dehors de l'écoute, sa qualité essentielle était la joie.
Et la générosité de la transmettre aux autres.

In « C’est pour cela qu’on aime les libellules »

Calligraphie Océania