roue_moulin


La règle de la première occurrence.

La recherche sur le sens d’un mot ou d’une idée, la première règle d’interprétation à utiliser est celle de la première occurrence : le sens original, essentiel d’un mot est à chercher du côté de sa première apparition dans le texte biblique. Ainsi, le contexte premier donne la tonalité sémantique fondamentale du mot. Les occurrences ultérieures du mot sont comme des variations qui modifient le sens, voire le contredisent.

Mais les nouvelles significations sont entendues dans une tension différentielle provoquée par le choc avec le premier sens. La mémoire du sens cumulatif n’est pas linéaire mais impliquée dans un ensemble de forces qui peuvent être contradictoires.
In, « Invitation au Talmud »


L’esprit de ce texte ne s’applique pas qu’au Talmud.
Il aide à préciser la pensée et le sens que l’on désire exprimer, tout en sachant que tracer et dire des mots impliquent la limite et l’étroitesse, la butée d’une frontière.

C’est un texte qui incite à la fidélité à soi-même, au retour à l’occurrence du premier regard sur le monde et de la hauteur vers laquelle on lève son âme et son cœur.
A rechercher en soi la première déviance, le premier déguisement d’un mot, d’un sentiment, d’une idée, qui travestissent le tronc initial aux fins de servir l’ambition.

Il dérange le confort mou pour acquérir une noblesse de l’intransigeance qui justifie que tout cela ne soit pas que des mots.
Il fait apparaître la nature du bois, ses veines, ses nœuds, son originalité, son essence.

Il apporte de l’eau au moulin de l’incitation à ne pas être une gélatine vite contente, roucoulante de satisfaction d’écouter de belles phrases.

Danielle
Photo Tellin