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Pourquoi les armoires manquent-elles ? Pour­quoi n'y a-t-il jamais de place pour ranger les vêtements ? Contrairement à ce qu'on pourrait croire, un trop grand nombre de vêtements n'est pas un signe de richesse.
C'est que, dans le lot, on a conservé des habits qu'on ne porte plus depuis longtemps mais qui restent mettables.
Si les armoires débordent, ce n'est pas qu'elles soient remplies de linges fins ni de tissus précieux, mais parce qu'elles sont trop petites, mal agencées pour contenir tous les rebuts de quinze ans d'existence et dont on hésite à se débarrasser.
Ce qui déborde des armoires, c'est le trop-plein nécessaire. Seule la richesse et de spacieuses lingères permettent une certaine parfaite sobriété, un certain parfait dépouillement. De tout temps, les armoires, garde-robes et lingères ont toujours débordé du saint-frusquin odorifère et usé jusqu'à la trame et ce n'est pas de si tôt que cela cessera.
Le saint- frusquin prémunit contre l'adversité, tient chaud sous des couches de naphtaline. Que la laine ancienne et resserrée sur ses fibres nous préserve des calamités !
Ce n'est que lorsque l'odeur de naphtaline se dissipe que peut se propager l'odeur de la soupe ou de la fricassée aux pommes.

In, « En vie »
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