Toucher_2


Quelqu'un à qui je parlais de la Darne à la licorne comme d'une tapisserie érotique haussa les épaules : les femmes lui semblaient trop habillées - « fermées » , dit-il.

Je dis, au contraire : la délicatesse est le plus puis­sant aphrodisiaque.

Et s'il vous faut des signes, observez comme l'une des dames empoigne la corne dressée de la licorne. Elle la tient bien. On peut dire qu'elle prend les cho­ses en main. La violence phallique de la licorne est- elle apprivoisée ? Ce qui se pavoise ici avec fierté, c'est le désir lui-même : il s'affiche explicitement comme victoire. Les verticalités, celles des bannières, des arbres, de la pointe du pavillon ouvrent la ten­ture à des perspectives de trouble. Il y a un combat, témoins le pavillon guerrier, les armes partout bran­dies, et même l'agitation des oiseaux, la grue et le faucon représentés en pleine parade d'amour. Il y a un combat, et ce combat est amoureux.

In, « A mon seul désir » éditions Argol 2005
« Le toucher » détail


Ou_e

L'ouïe


Vue

La vue


Go_t

Le goût

Toucher

 Le toucher

Odorat

L'odorat


Les six tapisseries de la Dame à la licorne sont exposées

au Musée des Thermes et de l'Hôtel de Cluny à Paris.

Les reproductions qui ont illustré les quatre textes

de Yannick Haenel n'en sont que des détails.