Bourgeons_22_03_08_2

Ta robe ne sera pas de brocart, mais de soie,
invisible comme une fumée s’enroulant
autour de la rosée d’un glaïeul. Ni l’ambre
ni le musc ne t’oindront des parfums d’Arabie
plus lourds que les pesants bijoux, mais dans la nuit
le chèvrefeuille s’ouvrira, transparent et frais. L’aube naîtra,
le soleil reviendra d’un coup, comme une boule dans les persiennes
pour le jeu du bonheur égaré, renaissant. On écoutera la pacotille
et les fruits inconnus s’échanger dans la rue
dans des échoppes de couleurs. On reverra
comme en rêve, glisser la rivière bleutée
sur ton dos de vanille et je t’entendrai rire…

In, "Le temps des merveilles"