29 février 2008

Jean Cocteau

  Plain-Chant  Je n'aime pas dormir quand ta figure habite, La nuit, contre mon cou ; Car je pense à la mort laquelle vient si vite, Nous endormir beaucoup. Je mourrai, tu vivras et c'est ce qui m'éveille! Est-il une autre peur? Un jour ne plus entendre auprès de mon oreille Ton haleine et ton coeur. Quoi, ce timide oiseau replié par le songe Déserterait son nid ! Son nid d'où notre corps à deux têtes s'allonge Par quatre pieds fini. Puisse durer toujours une si grande joie Qui cesse le... [Lire la suite]
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28 février 2008

Léo Ferré

Au moment où les étoiles ne se comptent plus, tellement il y faudrait de mathématiciens avertis, quand les corps plient sous la rage et que la fille gueule dans la seule langue du monde possible, lorsque s'ouvrent, béantes, les seules portes de secours qui ne grincent jamais, alors je me repose dans ma petite laine... [...] J'ai été, j'ai été... je suis tout... Je suis toi, passant du boulevard des Italiens, avec la néphrite qui te travaille. Je suis vous, mademoiselle du Café de la Place, vous dont j'invente la jarretière... [Lire la suite]
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27 février 2008

Joë Bousquet

Telle une araignée noire au centre de sa toile, Joë Bousquet attendait au centre de sa chambre. Au milieu des vapeurs d'opium et des parfums que de belles visiteuses avaient laissé s'évaporer, il était là gisant, guettant les bruits du monde, et échangeant des lettres avec ceux qui marchent. Lui colonne vertébrale brisée il pouvait sentir physiquement en lui la terre tourner, alors que les bien-portants n'y prenaient garde. Dans cette maison de la rue de Verdun à Carcassonne, cette maison aux volets toujours clos,... [Lire la suite]
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26 février 2008

Créer

L'artiste est quelqu'un qui travaille passionnément ou méthodiquement, dans la fureur ou dans le calme, dans le désordre ou dans la rigueur, dans la fulgurance ou le fruit d'une lente maturation. Il donne l'impression de ne pas penser comme ses semblables. Il doit avoir l'intelligence lucide des autres hommes mais son coeur et ses sentiments sont plus féconds que ses moyens logiques. Il accorde plus de confiance à ses sens qu'à toute réflexion ordonnée. Sa main, son corps, ses oreilles, ses yeux sont parties... [Lire la suite]
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25 février 2008

Christian Prigent

Si on n’est pas prêt à courir ce risque de voir ne plus tenir et de sentir passer (mourir) sous le vent du souffle expressif, non pas le monde mais les représentations que nous nous en faisons, qui nous lient à lui et nous lient entre nous, si on ne veut pas tenter cette chance de respirer un peu, parfois (dans l’instant exact du poème) dans un espace un peu plus libre, un peu moins a priori dessiné et colorié - alors mieux vaut ne pas faire poète. (C.P.) ... [Lire la suite]
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24 février 2008

Jean-Bertrand Pontalis

                                                                                                                     Photo b.boukerma ... [Lire la suite]
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22 février 2008

Francis Ponge (Le compliment...)

Le compliment à l’industriel Sire, votre cerveau peut paraître pauvre, meublé de tables plates, de lumières coniques tirant sur des fils verticaux, de musiques à cribler l'esprit com­mercial,mais votre voiture, autour de la terre, promène visi­blement Paris, comme un gilet convexe, barré d'un fleuve de platine, où pend la tour Eiffel avec d'autres breloques célèbres, et lorsque, revenant de vos usines, déposées au creux des campagnes comme autant de merdes puantes,vous soulevez une tapisserie et pénétrez... [Lire la suite]
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21 février 2008

Jacques Brel

La Tendresse Pour un peu de tendresse Je donnerais les diamants Que le diable caresse Dans mes coffres d'argent Pourquoi crois-tu la belle Que les marins au port Vident leurs escarcelles Pour offrir des trésors A de fausses princesses Pour un peu de tendresse   Pour un peu de tendresse Je changerais de visage Je changerais d'ivresse Je changerais de langage Pourquoi crois-tu la belle Qu'au sommet de leurs chants Empereurs et ménestrels Abandonnent souvent Puissances et richesses Pour un peu de... [Lire la suite]
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20 février 2008

Francis Ponge (Le galet)

[...] ...Si maintenant je veux avec plus d'attention exa­miner l'un des types particuliers de la pierre, la per­fection de sa forme, le fait que je peux le saisir et le retourner dans ma main, me font choisir le galet. Aussi bien, le galet est-il exactement la pierre à l’époque où commence pour elle l'âge de la personne, de l'individu, c'est-à-dire de la parole. Comparé au banc rocheux d'où il dérive directement, il est la pierre déjà fragmentée et polie en un très grand nombre d'individus presque semblables.... [Lire la suite]
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19 février 2008

Claude Esteban (Traces)

  Revenir sur les traces, interroger ce qui fut dit. Un moyen de fixer son profil parmi les artifices des ressemblances. Je m’en inquiète, je poursuis. Protégé, enclavé dans l’île interne. Tous les fruits sont tombés. Quelqu’un parle d’une saison moins opulente. Je l’écoute, je relis les phrases d’un autre été. Ici, le vent ne souffle pas, les questions sont indemnes sur la table. Avec la glose par-devant, empilée contre le corps du texte. J’ai pensé, moi aussi, je suis l’auteur du texte, j’interprète. La trace ou... [Lire la suite]
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