Renard___sans_titre2


Mon amour mon amour
il paraît que ces mots-là n'ont plus cours
qu'il faut masquer nos sentiments
se nourrir d'images de mensonges
et ne montrer que le décor de nos corps

         ... c'est dans l'air du temps
mais est-ce un temps ? Est-ce un air ?

Laissons le bateau partir il est rempli de sauterelles

A force d'aller trop vite
on évacue la mort et on se moque de tout
Y en a même qui se suicideraient pour qu'on les remarque
         ... mais où est-il ce putain de vivre pour vivre ?

Où je vis un multiplié par un fait toujours un
c'est un plus un qui fait deux

C'est pour cela que je t'aime
parce que tu es unique que je suis unique
et que nous ne serons jamais l'un sans l'autre

Puis surtout quand tu me dis ces deux mots
moi je meurs et je ressuscite
         ... Je ressuscite sans maquillage
sur un air de jazz et de bleu retrouvé
au-delà des cloisons et des souffrances en accordéon
          ... si tu es je suis
je suis... comme une bulle qui monte et rebondit
de fenêtre en espace
souple comme une promesse fidèle comme un premier geste

Puis dans la nuit qui se sauve
nous nous coucherons
taureau de l'un liane de l'autre
au rythme de nos lèvres
qui va qui vient qui vient qui va
nous baiserons nos peaux
nos bouches nos seins nos sexes
comme deux putains de chair
joyeusement sauvagement
nos cuisses emmêlées
je te prendrai comme un serpent ivre

Tu seras orientale je serai décimale
tu seras halogène je serai oxygène
          ... ma verge gorgée de toi
nous retiendrons le temps
en dedans au-delà... haletant
entre pas tout de suite et doucement
humides jusqu'au dernier tango

Puis nous resterons immobiles
comme deux coquillages impudiques

Grisés d'aubes parfumés de Babel
nous irons avec la main du lendemain
polir nuit et peut-être

         ... la vie est si courte pour cueillir l'éternité

 ... Tu vois mon amour y a un truc mais je l'ignore
je t'aime ça veut tout dire et rien dire
nous croyons tout savoir en mettant des points
Nous ne sommes que de petits poissons sans ailes

... Laissons maudire les plus de mille ans
et ne parlons qu'aux petits princes.

Peinture Robert Renard - sans titre