prisonnier___Alain_Chayer


Sacré bastringue

Le quotidien qui nous attache
Prison sans murs qui freine nos rêves,
Peut se dissoudre comme une tache
Dans une lessive de phrases brèves…

 
Juste des mots, écrits ou lus
Pour tordre enfin ces pauvres rails
Que nous suivons l’âme dévêtue
Jusqu’au moment où cesse le bail…

 
Juste l’esprit, sans aucun zinc
Pour s’envoler, pour s’évader
Vers le pays de la bourlingue
Où la folie vient parader

 
Juste l’envie de crier « NON ! »
Prendre le large, briser l’horloge,
Avoir le vent comme compagnon
Et les nuages comme unique toge

 
Juste cela au creux du cœur
Pour des secondes extraire l’or,
Pour visiter tous ces « ailleurs »
Où sont cachés tant de trésors

 
Le pays fou de la bourlingue
On le parcourt sans mouvement
Dans le fouillis d’un vieux bastringue
Formé de mots qui rendent VIVANT 

Didier F. – Octobre 2007
Peinture Alain Chayer, "Le prisonnier", 1993