Renard___photo_trafiqu_e


Puisqu’il le faut

Dans le lit plein ton corps se simplifie
Sexe liquide univers de liqueur
Liant des flots qui sont autant de corps
Entiers complets de la nuque aux talons
Grappe sans peau grappe-mère en travail
Grappe servile et luisante de sang
Entre les seins les cuisses et les fesses
Régentant l’ombre et creusant la chaleur
Lèvre étendue à l’horizon du lit
Sans une éponge pour happer la nuit
Et sans sommeil pour imiter la mort.

 Frapper la femme monstre de sagesse
Captiver l'homme à force de patience
Doucer la femme pour éteindre l'homme
Tout contrefaire afin de tout réduire
Autant rêver d'être seul et aveugle.


Je n'ai de coeur qu'en mon front douloureux.


L'après-midi nous attendions l'orage
Il éclatait lorsque la nuit tombait
Et les abeilles saccageaient la ruche
Puis de nos mains tremblantes maladroites
Nous allumions par habitude un feu
La nuit tournait autour de sa prunelle
Et nous disions je t'aime pour y voir.
Le temps comblé la langue au tiers parfum
Se retenait au bord de chaque bouche

Comme un mourant au bord de son salut
Jouer jouir n'étaient plus enlacés
Du sol montait un corps bien terre à terre
L'ordre gagnait et le désir pesait
Branche maîtresse n'aimait plus le vent
Par la faute d'un corps sourd
Par la faute d'un corps mort
D'un corps injuste et dément.

In, « Derniers poèmes d’amour », Seghers

Pastel  Robert Renard : « Couple » (
photo trafiquée)
« Cette image est celle d'un pastel (120 cm x 80 cm)
C'était une ébauche, et je ne l'aurais pas mise sur mon blog,
mais j'ai découvert un logiciel qui pouvait la transformer.
Alors ... convaincu qu'on peut-être un petit génie?... »

(voir le lien "Créations Robert Renard" dans la liste à droite)