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Les philosophes d'origine sont les phi­losophes dont l'existence, l'inspiration, la vue, l'arête et l'expression ne supportent que très peu de temps l'intérieur cloisonné de la pensée didactique.

Ils sont tirés violem­ment du dehors pour s'unir sans précau­tion à l'inconnu des êtres, à leur déroutante anthologie, ainsi qu'aux troubles cycloniques de l'univers. Ils possèdent à leur insu un don de nouveauté inaltérable : ils fécondent en s'étoilant et se fertilisent en se creusant.

Ils sont la solitude et le nombre, l'imagi­naire et son aire déchiquetée, d'un lointain de cristal, d'une approche de prairie. L'amont de la philosophie ne peut être mesuré correctement par personne. Il s'en­flamme dans la nuit humaine et se perd derrière ses multiples tournants.

C'est à cette Histoire sans histoire que s'adossent les poèmes qui se perpétuent en nous éveillant. Ainsi les philosophes et les poètes d'origine possèdent-ils la Maison, mais restent-ils des errants, sans atelier, ni maison.

« Peu si je me considère, beaucoup si je me compare.»
C'est l'écho que le vallon de Vachères, cer­tains soirs, lance aux cieux voisins de la mer.

« La Barque à la proue altérée», in, « L'Endurance de la pensée pour saluer Jean Beaufret »
Photo Sayaphone (zyeuter)