Flammes___K

Plus on s'approche du feu, plus on contemple qu'il se résume à la quantité de matière qui vient à manquer dans sa flamme.
Ce qui fait la flamme plus brûlante, la braise plus rouge, l'éclat plus lumineux est ce qui devient davantage « rien » en elle. C'est ce qui se précipite pour ne devenir « plus rien » au coeur de la fournaise qui gondole comme une illusion en elle, dans l'air tremblé et translucide de la chaleur. C'est ce « plus rien » qui crie dans le crépi­tement. C'est ce « plus rien » qui est blanc au coeur des flammes et dont on ne peut approcher le visage sans hurler de douleur.

In, "Georges de La Tour"
Photo K.Rol