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Beauté de la pierre. Justesse et harmonie des proportions. Tonique impression de solidité. Lumière et ombre. Tout un ensemble qui réjouit l'oeil, comble je ne sais quelle soif d'une beauté fruste qui pourrait défier le temps.
C'est une porte de lumière. On la trouve après avoir parcouru un ténébreux labyrinthe dont, comme il se doit, on a failli à jamais demeurer prisonnier. Les culs-de-sac, les fosses, l'enchevêtrement des couloirs, des galeries, ralentissaient ou bloquaient la progression, mais sans jamais pouvoir l'interrompre. Ils avaient nom honte, haine de soi, angoisse, peur de la vie, peur de la mort..., et ne cessaient de faire surgir de nouveaux obstacles au-devant de celui qui tâtonnait à la recherche de l'issue.
Un jour, contre toute attente, celle-ci s'est présentée. Une porte de lumière, étroite, basse, et qui ouvrait sur le noir. On ne peut la franchir qu'en renonçant à soi-même, en consentant à mourir. Après, une fois traversée cette ultime ténèbre de la mort acceptée, c'est l'exultation de la seconde naissance. Alors de toutes parts ruisselle la lumière, et la vie est là, qui ne tarira plus.

In, "Journal V"
dortoir Abbaye Silvacane