Le_go_teur_d_encresJe suis d'éternité un écrivain engagé dans les petits tirages, et facile à tenter à la saison des fraises.
La mode des livres au magnétophone est bien commode pour étirer ses idées comme on parle.
Voilà que je compare les encres en dégustateur de vins, que je propose quatre paramètres pour définir savamment les écritures dans leur nudité, et que je distingue les charpentiers du délire des possédés. Ou bien que je limite Narcisse dans ses tempêtes arrêtées.
Rapports des écrivains et des états ? Acte ou modulation ? Les critiques sont-ils essentiellement des snobs ? L'arriviste littéraire devient-il une figure comique ? Grosses légumes et petits légumes sont-ils à mettre dans le même sac ?
La mode des entretiens enregistrés est aussi bien irritante : après, il faut tout remettre en perspective de lecture, alors autant écrire directement, ça gagne du temps. Je suis seul. Douze entretiens avec qui ? Un essai ouvert sous forme d'entretiens dialogués permet de bien contrôler sa liberté d'allure; c'est un cheval tenu.

(Après avoir été sous contrat chez divers éditeurs, sous son nom ou sous divers pseudonymes, Jean Guenot édite lui-même tous ses livres depuis 1973.)